Hélène Baumel à Taylor

Hélène Baumel, “Ecoute du silence”,
aquatinte en couleurs (Cl. Fondation Taylor)

à la Fondation Taylor 1 rue La Bruyère 75009 Paris
du 16 janvier au 3 février 2023
du mardi au samedi de 13h à 19h

On voit généralement deux ou trois estampes d’Hélène Baumel dans des expositions collectives, suffisamment pour apprécier, mais pas assez pour profiter vraiment de son indéniable talent. Fort heureusement, elle a été en 2022 lauréate du grand prix Léon-Georges Baudry1, destiné « à un artiste français, homme ou femme, âgé de 55 ans minimum, […] d’un réel talent figuratif pour la qualité de l’ensemble de son œuvre », attribué alternativement en peinture, sculpture et gravure et décerné par la Fondation Taylor.

Les estampes d’Hélène Baumel à la Fondation Taylor,
15 janvier 2024 (Cl. M. Préaud)

Ainsi, le rez-de-chaussée entier de la Fondation, de même qu’une bonne partie du sous-sol, accueille aujourd’hui un grand ensemble d’estampes d’Hélène Baumel, toutes plus belles les unes que les autres, qu’il s’agisse de tailles-douces ou de tailles d’épargne. Les sujets qu’elle traite, malgré les apparences relativement réalistes, sont toujours issus de son imagination, dit-elle, de ses souvenirs, qu’il s’agisse des montagnes neigeuses qui lui rappellent ses randonnées savoyardes ou des ondes aquatiques évoquant les eaux ardéchoises. Elle-même, originaire de la Drôme, se situant entre ces deux espaces spectaculaires. C’est une femme qui sait voir. De l’eau, de la neige, des nuages, parfois des forêts, en principe sans le moindre personnage ni même une habitation, on rêve dans une nature de rêve.

Les estampes d’Hélène Baumel à la Fondation Taylor,
15 janvier 2024 (Cl. M. Préaud)

L’artiste maîtrise parfaitement les techniques qu’elle pratique, particulièrement l’aquatinte (procédé au sucre), mais aussi le bois de fil et le linoléum, presque toujours en couleurs. Elle prépare ses estampes dans son atelier-laboratoire personnel, elle les fait mordre dans l’atelier de Chaville puis les imprime elle-même de retour près de sa presse. C’est-là qu’elle mélange ses encres pour obtenir les tons raffinés qui la caractérisent. Un travail impeccable, une leçon d’élégance et de rigueur.

Si la plupart de ses estampes sont des feuilles isolées, elle fréquente aussi le livre d’artiste, pour accompagner des textes de Danièle Corre, Laurent Grison ou France Burghelle Rey. Ces travaux sont présentés dans des vitrines, au sous-sol de la Fondation.

Maxime Préaud

1 – Rappelons que Léon-Georges Baudry (1898-1978) était un sculpteur arts déco assez important, qui a légué à son décès un fonds à la Fondation Taylor pour honorer ce prix. L’artiste qui le reçoit doit être membre de la Fondation.