Christiane Vielle

« Identification n° II », Christiane Vielle, aquatinte 1986
(Cl. Laurence Paton)

« De la forme en mouvement à l’expression du signe »
Exposition 13 mars au 6 avril et 24 avril au 4 mai 2024
Galerie Anaphora 13 rue Maître Albert 75005 Paris,

Sur le mur de droite, un imposant bloc noir aux allures de paquebot nous accueille. Ce bâtiment qui , fendant des flots blancs, nous invite à le suivre dans son sillage entre mer et ciel , c’est « Identification n° II », une aquatinte de 1986. Lames de fond et nuages, aile et élan : comme l’indique le titre de l’exposition, l’œuvre abstraite de Christiane Vielle est tout en mouvement, et on devine le geste ample de l’artiste maniant la brosse, ou le pinceau lorsqu’il s’agit des monotypes, sur la plaque de cuivre. Les noirs profonds et presque transparents à force d’avoir été grattés au brunissoir ou à la toile émeri, dialoguent avec les blancs légers pour nous emmener en une sorte de promenade vers l’infini dans des « Jardins possibles » étincelants d’eau ou de neige, des lagunes ou des déserts minéraux à la composition virtuose qui fait s’entrechoquer des mondes.

« Jardins possibles », Christiane Vielle (Cl. Laurence Paton)

« Hypothèse sur nature », Christiane Vielle,
aquatinte, roulage, monotype chine collé, 2012 (Cl. Laurence Paton)

La graveure, qui a accompagné de ses images nombre de textes et de poèmes, aime aussi jouer avec les couleurs et les papiers collés comme le montre sa série Le chant des choses ou « Hypothèse sur nature ». Près de cinquante estampes sont exposées qui nous font entrevoir « tout un monde lointain », pour reprendre le titre d’une des toutes récentes séries d’aquatintes (2023) créées par Christiane Vielle.

Laurence Paton