Signatures comme œuvre

En pratique, la signature d’une estampe se matérialise même aujourd’hui de diverses manières dont il serait trop fastidieux d’établir le catalogue exhaustif. Certaines manières occupent majoritairement le devant de la scène. D’autres sont d’un usage plus confidentiel. Si la principale fonction de la signature marque, authentifie, identifie, certifie, légitime, estampille, justifie, garantie ou approprie1 – qu’importe le vocabulaire employé – l’estampe à son créateur, ce signe de propriété ne se revendique pas comme œuvre mais comme une de ses parties accessoires. Quoique maints exemples historiques ou contemporains pourraient être cités où l’artiste la fait valoir comme partie intégrante de l’œuvre : du monogramme de Dürer en passant par les calligraphies de Pierre-Yves Trémois ou de Bernard Buffet.… Pour lire la suite “Signatures comme œuvre”

Les « Nouvelles… »

Depuis 2018, les responsables des « Nouvelles de l’estampe » ont abandonné le papier comme support imprimé et décidé de les fixer exclusivement sur le réseau Internet. Ceci peut sembler paradoxal mais le faible nombre d’abonnés, le peu de recettes publicitaires et le coût de la reproduction des images avaient alors creusé le déficit de la revue malgré le soutien que lui apportait la BnF. Ils expliquèrent ainsi le bien fondé de cette décision. Le numéro 261 de la revue, dernier numéro imprimé sur papier, avait d’ailleurs publié sur sa première de couverture la reproduction d’une très belle vanité gravée.

Fondée en 1963, Jean Adhémar, directeur du Cabinet des estampes de la BN, expliquait : «  …je me trouvais en possession de toutes les informations possibles, et celles concernant mon métier, mon intérêt le plus grand, ne me servaient à rien.Pour lire la suite “Les « Nouvelles… »”

In memoriam Ra’anan Levy

Ra’anan Levy, “Espoir”, eau-forte avec aquatinte, 325 x 275 mm, 2019

Je ne peux pas dire que je le connaissais bien, mais l’annonce de son décès le 1er juin 2022 m’a tout de même choqué. Il n’avait que 68 ans. Ra’anan Levy était un homme sympathique et un très beau graveur, dont la maladie entretenait la mélancolie native et noircissait l’humour dont témoigne son travail. J’avais rencontré ses œuvres alors que je faisais le portrait de l’atelier Arte1, où les imprimait Vincent Schmitt, et je les avais trouvées plus qu’intéressantes. Et je n’étais évidemment pas le premier, car Ra’anan avait bénéficié de nombreuses expositions internationales dans des lieux prestigieux2.… Pour lire la suite “In memoriam Ra’anan Levy”